Une cloison de 72 mm annoncée sur un plan ne mesure jamais 72 mm sur le chantier une fois enduite et peinte, selon La Lourde. Pourtant l’huisserie ne pardonne aucun écart : mal choisie, elle génère un défaut de pose, un jour irrégulier et un service après-vente assuré. Ce guide détaille les sections adaptées, les types de pose et les repères normés à vérifier avant de valider une commande de quincaillerie.
Pourquoi l’épaisseur de cloison annoncée ne correspond jamais exactement à l’huisserie vendue
Quelle section d’huisserie pour votre cloison ?
L’épaisseur finie d’une cloison dépasse toujours l’épaisseur nominale annoncée sur le plan.
Choisissez une épaisseur ci-dessus pour afficher la section d’huisserie recommandée.
Estimation indicative basée sur les correspondances publiées par JELD-WEN, GIMM Menuiseries et La Lourde. Mesurez toujours la cloison à l’emplacement exact du futur dormant avant de commander.
Une cloison de 72 mm ne mesure jamais 72 mm une fois enduite et peinte : elle grimpe à 74-78 mm, selon les données publiées par le fabricant de portes La Lourde.
Deux fabricants, deux nomenclatures pour la même cloison
Chaque fournisseur d’huisserie fixe sa propre correspondance entre section de porte et épaisseur nominale de cloison. JELD-WEN associe une huisserie 72×54 à une cloison de 50 mm, une huisserie 86×54 à une cloison de 72 mm, et une huisserie 117×54 à une cloison de 100 mm.
GIMM Menuiseries raisonne autrement : une huisserie traditionnelle de 72 mm couvre une cloison de 52 mm, tandis qu’une cloison de 72 mm accepte soit une huisserie de 72 mm complétée d’un couvre-joint, soit une huisserie de 90 mm qui recouvre entièrement la cloison sans couvre-joint. Deux marques, deux tableaux de correspondance, une même cloison de 72 mm annoncée sur les plans.
| Épaisseur de cloison | Huisserie JELD-WEN | Huisserie GIMM Menuiseries |
|---|---|---|
| 50-52 mm | 72×54 | 72 mm |
| 72 mm | 86×54 | 72 mm + couvre-joint, ou 90 mm |
| 100 mm | 117×54 | non communiqué |
L’écart entre la cloison annoncée et la cloison finie
La Lourde chiffre l’écart réel : une cloison de 50 mm atteint 52-54 mm en finition, une cloison de 72 mm grimpe à 74-78 mm, et une cloison de 90 mm dépasse 95 à 100 mm une fois doublée. Un rail 48 mm associé à deux plaques de plâtre ne donne jamais un total net : l’enduit, les bandes et la peinture ajoutent plusieurs millimètres par face.
- Cloison de 50 mm : viser une huisserie de 52-54 mm.
- Cloison de 72 mm : viser une huisserie de 74-78 mm.
- Cloison de 90 mm : viser une huisserie de 92-96 mm.
Mesurez la cloison à l’endroit exact où reposera le dormant, pas au milieu du mur ni à côté d’un angle — un écart de trois millimètres suffit à empêcher la pose.
Pour une cloison doublée après la construction, deux options s’opposent :
- l’huisserie standard, calibrée sur une section fixe, adaptée à une cloison neuve et stable ;
- l’huisserie de rénovation, réglable sur plusieurs centimètres, qui absorbe les irrégularités d’une cloison ancienne ou modifiée après coup.
Pose traditionnelle, fin de chantier, galandage : quel type de pose retenir

Quatre méthodes de pose existent pour un bloc-porte avec huisserie, et l’arbitrage se règle avant la construction de la cloison, jamais après.
Pose à l’avancement et pose fin de chantier
La pose traditionnelle, dite pose à l’avancement, positionne le bloc-porte avant la coulée de la chape de béton : sa base coulée dans la chape renforce la stabilité de toute la structure, selon JELD-WEN.
La pose fin de chantier inverse l’ordre des opérations. L’huisserie, composée d’un chambranle et d’un contre-chambranle, se pose une fois les sols et les finitions murales terminés, ce qui évite toute dégradation du bloc-porte pendant les travaux. GIMM Menuiseries propose une gamme couvrant les cloisons de 50 à 202 mm d’épaisseur grâce à quatre profils de contre-chambranle et un habillage central.
Galandage et huisserie invisible : deux systèmes qui gagnent de la place
La pose à galandage escamote la porte dans la cloison via un kit châssis dédié, conçu par GIMM Menuiseries pour une cloison de 100 mm recouverte de plaques de plâtre non fournies. Deux systèmes se partagent le marché :
| Système | Structure | Couvre-joint |
|---|---|---|
| SCRIGNO | Caisson aluminium | nécessaire |
| ECLISSE | Structure acier | non nécessaire |
L’huisserie invisible, en aluminium laqué blanc, se monte sur une cloison de 72 mm et rend la porte affleurante côté tirant, avec une ouverture à 180 degrés. L’assemblage se fait à 45 degrés à l’aide de deux équerres pivots, joint et gâche posés en usine.
- Pose à l’avancement : posée en même temps que la cloison.
- Pose fin de chantier : posée après les sols et les peintures.
- Pose à galandage : la porte disparaît dans la cloison.
- Huisserie invisible : la porte affleure le mur, sans dormant apparent.
Le kit châssis à galandage s’installe au moment de la construction des murs, jamais après coup : revenir dessus impose de rouvrir la cloison.
Arbitrer entre ces quatre méthodes se fait avant la pose des rails et montants de la cloison :
- vérifier l’épaisseur de cloison retenue et son évolution après enduit ;
- déterminer si la porte doit rester visible (traditionnelle, fin de chantier) ou disparaître (galandage, invisible) ;
- confirmer la disponibilité du kit ou du profil correspondant chez le fournisseur.
Vocabulaire, dimensions normalisées et sens d’ouverture : ce qu’il faut vérifier avant de commander
La norme NF P 01 005 fixe la hauteur des portes intérieures à 204 cm, quelle que soit la largeur retenue.
Le dormant, pièce par pièce
Le dormant, ou huisserie, se compose d’un seuil en partie basse, d’une traverse en partie haute et de deux montants verticaux, selon le lexique publié par Comptoir Des Bois. L’un des montants reçoit la gâche métallique qui accueille le pêne de la serrure ; l’autre porte les paumelles qui assurent le ferrage du battant.
Des largeurs normées, chacune associée à un usage
La norme NF P 01 005 encadre aussi la largeur de passage : 63, 73, 83 ou 93 cm, pour une épaisseur de vantail comprise entre 29 et 40 mm.
| Largeur | Usage courant |
|---|---|
| 63 cm | WC indépendant |
| 73 cm | chambre |
| 83 cm | pièce de vie, mobilier encombrant |
| 93 cm | passage d’un fauteuil roulant |
Un passage d’air de 10 mm sous porte s’impose dans les pièces techniques — salle d’eau, chaufferie — pour respecter la ventilation prévue par le DTU en vigueur.
- Hauteur : 204 cm, fixe selon la norme NF P 01 005.
- Largeur : 63, 73, 83 ou 93 cm selon la pièce concernée.
- Passage d’air : 10 mm minimum en pièce technique.
Reconnaître le sens d’ouverture avant de commander la quincaillerie
Placez-vous côté ouverture, là où vous poussez la porte : si les paumelles se trouvent à droite, la porte est poussant droit. Si elle s’ouvre vers vous avec les paumelles à droite, elle est tirant droit, selon le vocabulaire publié par JELD-WEN. Cette information conditionne le sens de pose de la gâche, de la serrure et de la poignée.
Prendre les cotes reste la seule garantie contre une livraison inutilisable : mesurez la largeur hors tout du cadre de porte prévu dans la cloison, la hauteur sous linteau et l’épaisseur réelle du mur — jamais les valeurs indiquées sur le plan initial. La largeur de passage, elle, correspond à l’espace disponible une fois le vantail ouvert à 90 degrés, une donnée distincte de la largeur hors tout occupée dans la cloison.
L’âme du battant modifie le poids supporté par les paumelles :
- âme alvéolaire : structure en carton, battant léger, paumelles standard suffisantes ;
- âme pleine : bois massif ou aggloméré compact, battant plus lourd, fixation des paumelles à vérifier avant la commande de quincaillerie.
Une porte à âme pleine pèse plus lourd qu’une porte alvéolaire : la fixation des paumelles se vérifie avant de valider la commande, pas après la pose.
Quelle huisserie pour porte retenir, cloison après cloison ?
Le choix final tient toujours à la même vérification : mesurer la cloison à l’endroit exact de la pose, comparer cette valeur aux sections publiées par le fabricant, puis confirmer le type de pose retenu avant de couper le premier plâtre. Les cloisons doublées et les exigences acoustiques croissantes des logements récents poussent les fabricants vers des huisseries de plus en plus réglables. Reste à vérifier, à chaque commande, que la section retenue correspond bien à la cloison réelle, et non à celle affichée sur le plan.

Ancien responsable de négoce en matériaux et passionné de bricolage depuis plus de vingt ans, il accompagne particuliers et professionnels dans le choix des solutions adaptées à leurs projets. Il considère la quincaillerie comme le socle de réalisations durables, fiables et bien pensées.







